Vol au-dessus d'un nid d'ordures
Enfouissement de déchets : reportage au centre de la Tienne, dans l'agglomération de Bourg-en-Bresse. Un point de vue sur la société de consommation.
« On se croirait à Ushuaïa, se moque Raymond, technicien du centre d’enfouissement de la Tienne, il y a les oiseaux et tout… » Je suis en reportage commandé pour la société Organom qui gère les déchets de l'agglomération de Bourg-en-Bresse. Devant nous, un paysage apocalyptique : des milliers de tonnes de déchets ménagers s’étalent sur des hectares. Une étrange machine sortie tout droit de Mad Max, (le compacteur, avec des roues métalliques garnies de pied de moutons) aplanie la montagne de déchets, suivie par une nuée de rapaces, corbeaux et mouettes. C’est vrai qu’en fermant les yeux, avec les cris de ces volatiles opportunistes, on s’y croirait presque. À un détail près : l’odeur.
Employé depuis 8 ans, Christophe avoue ne plus sentir les odeurs de méthane. « Je m’y suis habitué. » Novice en la matière, je peine à respirer à plein poumon, prenant de petites bouffées d’air. L’odeur de décomposition est tenace. Elle s’incruste même dans les vêtements.
« Ne pas tomber, ne pas tomber ! »
Agrippé à mon appareil photo, je me concentre sur ma progression sur le terrain. Equipé de bottes, je marche dans des sacs plastiques éventrés et déchets de toutes sortes. Je n’ai pas du tout envie de m’étaler à plat ventre.
Ma mission sur ces lieux est de fournir des images de communication. Produire des photos qui rendent compte du travail de l’entreprise, sans repousser les regards. Ni trop propre, ni trop sale. Pour moi c’est un sujet passionnant : il me permet de voir l’envers du décor et d’approcher des travailleurs de l’extrême. La paye est bonne m’avoue-t-on. Mais les conditions sont dures. Les employés ont les pieds dans les déchets des autres et ne peuvent s'empêcher de penser. Il y les questions de santé, mais surtout l’image du métier, vis à vis de leur entourrage. « Je ne veux pas être photographié sur ce tas de merdes, me dit un des employés, avant de me menacer de me botter le cul, si je ne passe pas mon chemin.
Toujours plus de déchets
En regardant la composition de cette montagne, je suis surpris par le nombre de déchets recyclables. Il semble qu'il y ait encore des irréductibles qui n'ont pas compri la nécessité de faire le tri. Du haut de sa cabine, le chauffeur du compacteur a un point de vue privilégié sur la société de consommation. « Je ne comprends pas, me confie-t-il. On n’a jamais autant recyclé, grâce aux campagnes de sensibilisation. Mais le volume de déchets par ménage augmente chaque année. » On ne peut pas s'empêcher d'évoquer ensemble la responsabilité des grandes surfaces et de la sur-production d'emballages.
Un petit passage sur ces lieux, peut être un bon moyen de changer ses habitudes de tri. Organom, l'organisme d'exploitation du site propose des visites.









Des employés travaillent sur le réseau de collecte du méthane. Un projet de récupération et d'exploitation des gaz est à l'étude.








Un casier flambant neuf attend son heure.

Les gaz sont récupérés par un réseau de tuyaux qui ramènent le méthane au brûleur

Le brûleur de méthane. La qualité actuelle du gaz n'est pas suffisante pour être recyclé à des fins énergétiques. Il a besoin d'être traité et concentré. Un projet d'usine de méthanisation est à l'étude par les élus locaux.

Bassin de lagunage : récupération et traitement des jus de décharge appelés Lixiviats.

Lixiviats (jus de décharges)
Mots clés : Coulisses, Environnement, Reportage, SociétéCommentaires
4 commentaire(s)
Aucun rétrolien
URL pour faire un rétrolien : http://www.daniel-gillet.com/blog/151.html?ext=tb» Signaler ce billet à un(e) ami(e)


Sinon, je n'ai qu'une chose à dire : Beuuuuurk ! (pas pour les photos bien sûr!)
En fait, ce qui est enfoui dégage du gaz... récupéré... ça ok je pense avoir compris et c'est une super idée! Et finalement le reste, va se décomposer sous terre? J'ai du mal à le concevoir... et en même temps comment faire autrement, mis à part trier et recycler tout ce qui est possible?... même si c'est super contraignant parfois!!!
Oui, ça fait poser questions cette sur-abondance dont on n'a souvent même plus conscience!
Allez réagissons... Je vous invite à voir le film "Home" si ce n'est pas déjà fait!
Encourageons-nous à ne plus faire les autruches!
L'idée de visiter cette décharge d'enfouissement pourrait être une bonne escapade avec mon groupe de correspondants Environnement et Sécurité de l'usine : pour se convaincre que le tri est utile de plus en plus aujourd'hui chez soi comme dans l'industrie.
... Et cela m'a aussi fait penser aux enfants qui "vivent" sur et de la décharge de Phnom-Penh, avec pour seul outil un crochet gratoir pour récupérer des objets ou autres éléments qu'ils revendent ensuite, et qui manquent de se faire écraser par les camions qui viennent déverser les ordures des ... riches nantis.
Réveillons-nous, réagissons ... c'est PRIORI.TERRE !!!