Le blog de Daniel Gillet, photographe indépendant
09 juil

Ministère de l'environnement : qu'attendre de Jean-Louis Borloo?

Catégorie Écologie

Si l'avènement de ce super ministère est une chance pour l'écologie, il ne faut cependant pas en attendre beaucoup d'un homme d'état, élevé au biberon de la sainte croissance. Alors que la vraie écologie c'est la sobriété et le changement de mode de vie par la réduction de la consommation.

"Il s'agit de changer la donne dans ce pays" annonçait cette semaine, le nouveau chef de ce super-ministère. Mais que peut on attendre comme changement venant d'un homme d'état, inévitablement lié aux lobbies industriels et agricoles ainsi qu'aux promesses de croissance de son hyper-président Sarkozy? Car en matière d'écologie rien ne se fait sans remise en question globale de notre mode de vie, de consommation, de production de biens et services et de leurs excès. Il nous faut baisser notre consommation d'énergie, moins utiliser les ressources de la planète, consommer moins pour consommer mieux, etc..

A ce sujet on est déjà mal parti. Dans son discours du 16 juin Jean-Louis Borloo annonçait déjà que "la révolution écologique est une révolution économique et une opportunité de croissance". Tout écolo averti sait que l'obsession de croissance n'est pas compatible avec l'écologie. Mais allez faire comprendre le concept de décroissance à un ancien ministre de l'économie!

Jusqu'où est-il prêt à aller? Quelle est sa marge de manoeuvre? On voit déjà les grands intérêts s'élever en barrière au changement. La profession agricole se montre très inquiète de ce qui pourrait mettre en cause son activité. Quelle culture écologique a-t-il? Son prédécesseur Alain Juppé s'était déjà illustré par son manque de conscience écologique en prenant un jet privé afin d'inaugurer la nouvelle ligne de TGV du Nord-est.

"Nous souhaitons absolument être le ministère du passage à l'acte", a affirmé le ministre. "Nous ferons en sorte que la France soit en pointe dans ce combat", a-t-il dit, lors d'une conférence de presse à Paris.

Je ne peux cacher une certaine impatience face à ce beau discours. L'écologie n'a jamais été aussi présente dans les esprits et ce super ministère de l'écologie est une chance unique, pour appliquer une politique nationale de ce qui se passe dans les laboratoires de l'écologie, dans les milieux "underground". Car, plus que n'importe quel domaine, l'écologie ne peut être pratiquée qu'au niveau individuel et nécessite un engagement important de l'état. L'écologie coûte cher et implique des investissements à long terme que seul un état peut faire.

Rendez-vous le 10 septembre pour la présentation des synthèses des groupes de travail et les premières mesures. L'enveloppe bugétaire devrait dépasser les 40 milliards d'euros, attention aux rapaces! Les grands groupes qui vivent des commandes de l'état, qui se partagent habituellement les grands chantiers, sont déjà sur les rangs. Cette semaine sur l'agenda du ministre étaient prévues les visites de Serges Dassault, de D. Ranque, président de Thalès, J-C. Spinetta, président d'Air France KLM. Parmi les plus grands pollueurs de la France, ça commence bien!

Mots clés : Ecologie, décroissance

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2 commentaire(s)

jeudi 22 mai 2008 21:46 par Christophe Renée
Monsieur Le Ministre,
"Envoyé Spécial", les PCB!Cela m'interpelle. J'habite Dieulouard, près de Nancy qui possède une "verrue" dans le centre du bourg depuis plusieurs années. L'usine Pétrocarbol traitait des huiles industrielles dont certaines contenaient de la dioxyne ou du pyralène. L'usine qui appartenait à un groupe pétrolier(??) a été mise en liquidation et fermée. La municipalité devait résoudre le problème... et la nouvelle municipalité s'attaque au même sujet. Quand prendra-t-on des mesures efficaces pour nous débarasser de cette grave pollution? Inutile de vous préciser que le nombre de cancers est important dans cette commune! Je sais que vous êtes sensible aux problèmes d'environnement et je vous demande de bien vouloir intervenir auprès des instances municipales( qui ont peu de moyens d'intervention!),régionales et nationales.
Je vous remercie des mesures que vous prendrez.
Salutations Respectueuses
R. Christophe

dimanche 26 octobre 2008 23:46 par Thierry R | http://www.chalonnais.eu
La décroissance actuelle (par le crash boursier) fera prendre conscience du coté artificiel de la croissance par la bourse. On ne peut pas faire de la croissance et être écolo. Par contre on est obligé d'économiser et de fait faire un peu d'écologie, parfois malgré soi quand on a moins de marge au niveau du porte monnaie. Les sacs plastiques sont encore montrés du doigt, ils vont peut être se trouver taxés et pour cela il y a une parade écolo à trouver: passer à la balance comme au marché et emmener ses produits payés dans son sac en osier. Même les grandes surfaces peuvent faire comme cela sans trop de difficultés d'adaptation. Encore faut il résonner écolo et c'est possible. On peut s'interdire au maximum l'alimentation provenant de loin, c'est aussi ca être écolo par exemple !

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