
Actuellement en transit, je goûte aux plaisirs du Mobilhome. Voici le spectacle que j’observe tous les matins. Pas besoin de télévision. Pour le son, imaginez le chant du coq et les beuglements de Tic et Tac qui appellent leur maman.

Actuellement en transit, je goûte aux plaisirs du Mobilhome. Voici le spectacle que j’observe tous les matins. Pas besoin de télévision. Pour le son, imaginez le chant du coq et les beuglements de Tic et Tac qui appellent leur maman.

Reportage chez un éleveur atypique, héritier d’une longue tradition familiale :
Suite de mon travail sur les différents visages de l’agriculture mondiale.
Cela n’a pas été difficile de convaincre Marthy Phelan d’ouvrir les portes de sa ferme à mon objectif inquisiteur. Il m’accueille dans la pure tradition irlandaise, le sourire jovial et la blague facile. Je lui présente ma démarche de reportage sur les différents visages de l’agriculture mondiale…lui parle de mon passage au Montana… « Montana ? » ses yeux s’éveillent de curiosité. « Mon frère est prêtre au Montana. J’y suis allé l’année dernière. C’est un pays magnifique. » C’est dans la poche. Ravi de pouvoir parler des grandes prairies du nord américain et de sa passion pour la pêche à la mouche, il me propose de venir le voir un matin à l’aube.
Le jour J, Marthy me présente la ferme et m’explique son travail. Il se met en scène devant l’objectif avec l’aisance d’un acteur. Ayant horreur des photos posées, je suis obligé de lui dire « faites comme si je n’étais pas là » toutes les cinq minutes. Je comprends un peu plus tard que c’est une déformation professionnelle. Il m’explique qu’il est « County Council » : élu au county de Laois comme conseiller (l’équivalent des conseillers généraux) et conseiller régional. Marthy est un politicien professionnel. Il sait se mettre en avant. Et ça se voit.
Il partage sa vie professionnelle entre la politique locale et l’élevage des moutons. Cette année, il a été contraint, comme la plupart des éleveurs, à réduire son cheptel à 150 têtes. Il en compte d’habitude 450. Les temps sont durs. Mais l’homme avisé qu’il est a plus d’un tour dans son sac. Il multiplie les activités complémentaires comme la chambre d’hôte, la réception de groupes et le camping à la ferme dans son immense demeure familiale.
De retour dans la cuisine, je fais la connaissance d’un des fils Phelan. La tignasse en pétard, il consulte un atlas mondial, en buvant un café. La rusticité de la pièce contraste avec la noblesse du personnage. Héritier d’une longue tradition, 7éme génération d’éleveur et grand propriétaire terrien, Marthy est un monument du County de Laois. Mais il se contente d’une vie simple. Pas de cuisine intégrée, ni de mobilier clinquant. Les vêtements sèchent au-dessus du poêle. Le confort est limité.
















Une batte de Hurling, sport national Irlandais, traine dans la grange

La cuisine des Phelan


Reportage dans une ferme Irlandaise, à Ballacolla :
Voici la suite de ma série de reportages sur les paysans. Dans un contexte de mondialisation de l’agriculture et de la concurrence entre les paysans de tous pays, je m’intéresse aux différents visages des travailleurs de la terre.
Cette journée de reportage commence par une étourderie. Je me pointe à 8H, heure française, ce qui fait 7 H, heure locale. La ferme est déserte. Étrange ! Une main ouvre le rideau pour m’observer. La famille Mc Evoy sort juste du lit. Il semble que je bouscule un peu les habitudes. Mais rien ne peut ébranler la légendaire convivialité irlandaise. Je suis invité à partager le petit-déjeuner. Mon erreur de décalage horaire, je ne la comprends que tard dans la journée. En fait c’est une formidable opportunité pour saisir des instants de famille. Declan est un papa poule. Il n’a d’yeux que pour ses filles, qu’il cajole sur ses genoux.
Je profite de ce moment pour faire quelques photos et m’instruire sur l’histoire des Mc Evoy. Le père de Declan a acheté cette ferme dans les années 60. Au début il était obligé de travailler en même temps comme conducteur d’engins à l’aéroport de Dublin. Peu à peu, la ferme a grossi pour lui permettre d’en vivre pleinement. Il a même connu une période faste grâce à l’élevage des porcs. Longtemps tournée vers la polyculture, l’exploitation s’est concentrée sur la production de lait. Elle compte aujourd’hui 85 vaches. Le père étant décédé il y a deux ans, c’est la sœur de Declan qui vient donner un coup de main occasionnel. En ce moment, avec le printemps c’est la période de vêlage. Il y a beaucoup à faire pour nourrir et surveiller la santé des veaux.
Declan n’a pas toujours été fermier. Il y a 11 ans, il conduisait encore des engins agricoles pour le compte d’une grosse société. Aujourd’hui, il ne revient pas sur son choix. Diriger une exploitation agricole, c’est un mode de vie sain et une liberté d’action. Ce serait plus confortable si le cours du lait augmentait. Juste pour vivre décemment.

Petit déjeuner en famille









La soeur de Declan partage son temps entre un travail dans une pépinière et la ferme familiale










Pour donner le biberon aux veaux et leur donner les traitements, Declan utilise une bouteille de “Bulder”, cidre tès populaire en Irlande.




Paddy est un métayer, travaillant les terres d’une famille de propriétaires terriens, dans la région d’Aghaboe en Irlande. Son troupeau est actuellement composé de 85 moutons, trois fois moins que les années précédentes. L’activités est donc réduite. La crise touche aussi ce secteur. La baisse des cours a poussé les éleveurs Irlandais à réduire leur cheptel.
Sur Paddy, j’ai obtenu peu de confidences. Son accent Irlandais est si difficile à comprendre, que j’ai un peu calé, lors de l’interview. Les informations que j’obtiens finalement sur lui et son activité, viennent d’un de ses amis. C’est Patrick dont je publierais le portrait plus tard, qui me les a confié, autour d’un thé. Les propriétaires des terres qu’il travaille n’ont pas d’héritiers. Ils les confient ainsi à des fermiers comme Paddy et gèrent leurs affaires depuis leur maison de retraite. Aucun des membres de cette fraterie de 8 garçons et filles ne se sont mariés. Deux d’entre eux sont prêtres en Nouvelles Zélande et viennent tout les deux ans en Irlande. Etonnant destin pour une riche famille qui va voir son héritage dispersé et son histoire s’éteindre.

Reportage lors de la vente aux enchères de bovins de Ballinakill, au sud de Dublin.
Une fois par semaine, les éleveurs du conté de Laois, en Irlande, se rassemblent à la foire aux bestiaux de Ballinakill, afin d’acheter ou vendre leurs vaches. Pour un photographe désireux de peindre l’agriculture mondiale, c’est le parfait endroit. Gueules de fermiers, ambiance locale, gestes techniques et accueil chaleureux, tout est là pour le parfais reportage. Suite de mon travail sur les différents visage de l’agriculture mondiale.
La vente aux enchères est une affaire d’initiés. Le commissaire-priseur annonce les prix dans un galimatias incompréhensible. Peu a peu sa voix se rythme et l’annonce des offres se transforme en un chant mélodieux. La jambe s’agite sur le tempo. L’envie de danser vous prend. La vente devient un spectacle avec son ballet de vaches qui se succèdent sur scène.
Les gestes des fermiers sont à peine visibles. Les enchères se font par un hochement de tête, un léger geste de la main ou du doigt.
Les vaches ne semblent pas apprécier la parade. Nerveuses, elles se brqauent et se mettent a charger le personnel. Le maître de l’arène se cache derrière les barreaux. Un coup de bâton sur le museau. Au suivant !
Pour mieux saisir l’ambiance vous pouvez aller voir cette séquence réalisée par mon ami Pierre.



















Reportage à Belgrade au Montana (USA), chez Tom Milesnick, éleveur de bétail. Voici la suite de mon travail sur les différents visages de l’agriculture mondiale.
Descendant d’une longue tradition d’éleveur, Tom est le dernier Rancheur de la famille. Après lui s’arrête la relève. Son fils ne souhaite pas prendre la suite, préférant le rythme de vie du salariat, dans une entreprise de soudure industrielle.
Difficile d’obtenir des confidences de la part de Tom. D’apparence amicale, il n’en demeure pas moins silencieux. Nos quelques échanges sont succincts. Aucune parole de trop, juste le nécessaire.
Il est vrai que le cadre ne se prête pas au bavardage. Lors de notre rencontre, il fait environ -30°C. Un brouillard givrant envahi la plaine de Belgrade près de Bozeman.
Nous sommes dimanche. Il est 7H30 du matin. Pendant que certains veinards sont au chaud sous leur couette, nous allons nourrir les vaches.
J’apprends que Tom a développé une seconde activité de tourisme grâce à la pêche, complément de revenu non négligeable. Les 600 vaches de son cheptel lui permettent juste de vivre. L’augmentation des frais d’entretien de la propriété, du cours des aliments pour bétail diminuent la rentabilité du Ranch. “Je ne fait pas ce métier pour l’argent. C’est juste un mode de vie.”
Il avoue être assis sur un patrimoine important, qui n’aura une valeur que s’il vend les terres acquises en trois générations.



Au loin un aigle chauve. Impossible de l’approcher sans l’effrayer. Je dois me contenter d’une silouhette à défaut d’un gros plan.






A l’approche du tracteur, les vaches se regroupent pour le foin quotidien.


Le tracteur déroule la meule de foin.









Portrait d’un couple d’agriculteurs et éleveurs de bétails américains à la retraite. Indiana, USA.
Merle et Maggie me reçoivent dans la pénombre de leur salon, paisiblement assis dans leurs fauteuils, l’un face à l’autre. La télé est éteinte. Que font-ils? Rien. Ils profitent juste d’une retraite que j’imagine amplement méritée. Les années de labeurs se lisent dans leurs yeux. Ils habitent dans un maison modeste, loin des standards de l’americain way of life. Peu d’électroménager. Une cuisine à l’ancienne avec un mobilier des années 60-70. Comme coupés du temps. Merle et Maggie sont cependant toujours très actifs. Bill, l’éleveur américain sujet de mon précédent reportage me raconte qu’ils ont chacun leur jardin potager. C’est à celui qui fera les plus beaux légumes. Et les enfants sont priés de les départager.





Reportage dans un Ranch du Montana au sud de Livingston. Héritier d’une longue tradition de Rancher, Jerry O’Hair succède à son arrière grand-père, venu d’Irlande en 1878 afin de tenter le rêve américain. L’exploitation familiale qu’il dirige avec son frère est une des plus importantes de la vallée dite “du Paradis”, non loin du parc de Yellowstone. Suite de mon travail sur les différents visages de l’agriculture, dans un contexte de concurrence entre producteurs de denrées alimentaires, du monde entier.
Quand on lui demande la taille de son troupeau, la surprise est grande tant la réponse est floue : entre 900 et 1000. Pas facile de compter avec précision ses bêtes dans les immenses plaines du Montana,. “Cela rend folle ma femme”, s’amuse Jerry. Cette imprécision semble même faire sa fierté. “Au printemps dernier, un collègue m’a appelé pour me dire qu’il avait vingt quatre de mes vaches, dans son troupeau. A quoi je lui est répondu, c’est impossible. En fait c’était bien vrai, elles avaient bien notre marquage. Elles ont du rester là-bas au moins un an.”
Quatres générations d’éleveurs
Héritier d’une longue tradition de Rancher, Jerry O’Hair succède à son arrière grand-père, arrivé d’Irlande en 1878, dans la vallée du Paradis, au Montana (USA). L’exploitation familiale qu’il dirige avec son frère est une des plus importante de la vallée dite “du Paradis”. Pour la trouver il suffit de repérer les quatres monumentaux silos bleus, visibles depuis la route 89 entre Livingston et Gardiner. Arrivé sur place, un vent à décorner les boeufs, me pousse littéralement vers le coral. Je fais la connaissance de Jerry, les bottes dans cinq centimètres de bouse de vache, occupé à traiter les vaches contre les parasites. Aux premiers abords, un peu bourru, il se laisse progressivement aller à la confidence, pendant que nous suivons le déplacement du troupeau dans son pic-up.
L’élevage est visiblement sa passion. Il travaille même le dimanche, ne s’octroie que deux semaines de vacances dans l’année et refuse même l’idée de la retraite. Son père avant lui, conduisait encore le tracteur à plus de 80 ans.
Son ancêtre a connu les indiens qui venaient lui voler ses chevaux. Jerry est lui confronté à la concurrence de la viande d’Amérique du sud, les problèmes de changement climatiques, les taxes de l’Etat et les droits de succession. Etonnant changement de contraintes entre quatre générations!
Une vie modeste
Son statut social de grand propriétaire terrien n’est visible que dans les regards des habitants de Livingston où nous allons manger un Burger avec sa femme Virginia. Salué avec respect dans la rue, il ne peut faire deux pas sans engager une conversation. Devant leur maison, je suis étonné par la modestie de leur train de vie. Pas de mobilier luxueux, juste le nécessaire. Ils ne vivent que pour le Ranch. Le monde de la surconsommation à l’américaine est bien loin de leurs priorités.
Leur fortune n’est que virtuelle et ne deviendrait effective que s’ils renonçaient à la poursuite de la tradition familiale et vendaient leurs terres. Les clients, riches investisseurs ne manquent pas, mais ce qui n’est pas au programme.
La difficulté de la concurrence internationale
Le plus étonnant est le virage touristique que prend leur activité. Son fils emmène les hommes d’affaire de grandes métropoles à la chasse au chevreuil, afin de compléter ses revenus. Une activité de pêche à la mouche a été mise en place afin de gérer l’importante demande qui arrive sans publicité dans leur Ranch. Pour Jerry, c’est un mal nécessaire qui a tendance à l’agacer, par peur de voir son Ranch se transformer progressivement en parc d’attraction pour touristes de la ville.
Il ne comprend pas la baisse d’activité de l’agriculture américaine et des cours de la viande, qui rend son activité moins rentable. “Pourtant il faut bien les nourrir toutes ses bouches.” Mais la concurrence du Mexique est bien là, jusque dans les super-marcher de Livingston. Les milliers de kilomètres qui nous séparent des travailleurs mexicains n’y change rien. Il me pose beaucoup de questions sur l’alimentation en France. Le principe des AOC, de la culture de l’image du terroir et de la mise en valeur des produits locaux attirent particulièrement son attention.
Comme dépassé par la mondialisation, il lance une prophétique menace : “Tout ce qui reste ici aux Etats-Unis c’est l’entertainement. Bientôt on ne s’occupera que de distraire les gens et on se saura même plus comment produire de la viande et des légumes.”

Traitement des vaches contre les parasites




Déplacement d’une partie du troupeau, vers la ferme. La surveillance se fait d’habitude à dos de cheval. Aujourd’hui le vent est si fort que les chevaux sont restés dans la grange.


Communication radio entre Jerry et ses employés








Au centre, le fils de Jerry

Pendant la pause.




Repérage du troupeau

Retour du troupeau dans les champs, après le traitement contre les parasites


Stockage de la nourriture des vaches pour l’hiver. Construits en 1978, par le père de Jerry, ces monumentaux silos permettent de tenir les longs hivers du Montana. Le foin et les céréales nécessaires à l’élevage des vaches sont cultivés ici, pendant la belle saisons.

Le dégel du sol rend plus difficile les déplacements dans le corail, couvert de plus de cinq centimètre de bouse de vache.


Dans la salle technique, où sont commandés les tapis roulant distribuant la nourriture des silos.


Fin de journée. Jerry surveille la distribution des compléments alimentaires, depuis la salle de commande des silos.
Reportage chez un agriculteur américain, dans l’Indiana. Voici le début d’une série de reportages sur les paysans américains. Dans un contexte de mondialisation de l’agriculture et de la concurrence entre les paysans de tous pays, je m’intéresse aux différents visages de ces travailleurs de la terre.
Eleveur de vaches à viande, Bill succède à son père et grand-père, dans la gestion de la ferme familiale. De taille modeste, avec ses 100 têtes de bétai, cette exploitation ne lui permet pas de boucler ses fins de mois. Pas facile de vivre de la ferme dans un contexte de baisse du prix de la viande, alors que le prix de l’alimentation du bétail augmente!
Reportage près de Bristow dans le County de Perry
Autrefois chauffeur routier, Bill a toujours mené conjointement deux boulots, dont celui d’éleveur. Père et fils, chacun avait son cheptel, avec une mise en commun des efforts techniques. A la retraite de son père, il a pris la suite de l’exploitation, fusionnant les deux troupeaux. L’augmentation du nombre de vaches sous sa responsabilité, ne lui a pas permis pour autant de se concentrer sur cet emploi. Il doit continuer à déneiger les routes et entretenir les chemins forestiers.
Fervent défenseur du port d’arme, il me montre sa collection de 30 fusils et armes à poing, rangés sous son lit. Doux comme un agneau, il ne se sépare cependant jamais de sa winchester, toujours à proximité du levier de vitesse de son 4×4. “C’est pour protéger les vaches des prédateurs, comme les chiens sauvages”, m’assure-t-il.
Cela l’amuse, quand en ville, je m’inquiète de ne pas le voir fermer son véhicule, malgré la présence d’une arme. “C’est un mode de vie”, me confie-t-il. Personne ne pensera à le voler. Se procurer une arme, c’est facile ici.
A la fin de la journée Bill m’emmène sur le site originel de la ferme familiale. “Tu vois les pierres qui dépassent de l’eau ?”, me demande-t-il en me montrant un lac, “C’est les vestiges de la ferme de mes grand parents qui a été sacrifiée par l’état, afin de créer une zone tampon contre les inondations.” Expropriée, la famille a récupéré une autre ferme en échange. Mais on sent dans ses yeux, la nostalgie et la douleur de l’attachement à la terre, qu’aucun argent n’effacera.


Rencontre entre collègues

Bill me montre sa collection d’armes à feu. Pas moins de 30 fusils et revolvers, rangés dans le placard et sous le lit.
















Sous les eaux de ce lac artificiel, les restes de la ferme familiale, expropriée.

Traite des vaches dans une ferme de Racouze dans le Revermont (Ain).
Reportage effectué dans le cadre d’une exposition pour les 50 ans le L’AOC du Comté.







