18.08.2009

Graine d’artiste

Séance de dessin sur les vitres d’une serre, janvier 2009 à Birdseye, Indiana, USA.

Je suis au chômage technique. Un agent de la sécurité de l’aéroport de New York JFK a fait accidentellement tomber mon appareil photo sur le carrelage. Bilan : mon outil de travail coupé en deux et une bonne crise de nerf. En vacances forcées, je fais une petite plongée dans mes archives.

Bras dessus, bras dessous, Carina et Auntie Pat, Birdseye, Indiana.

Bowling party at Dubois County Lanes, Huntingburg, Indiana.

Portrait d’un couple d’agriculteurs et éleveurs de bétails américains à la retraite. Indiana, USA.

Merle et Maggie me reçoivent dans la pénombre de leur salon, paisiblement assis dans leurs fauteuils, l’un face à l’autre. La télé est éteinte. Que font-ils? Rien. Ils profitent juste d’une retraite que j’imagine amplement méritée. Les années de labeurs se lisent dans leurs yeux. Ils habitent dans un maison modeste, loin des standards de l’americain way of life. Peu d’électroménager. Une cuisine à l’ancienne avec un mobilier des années 60-70. Comme coupés du temps. Merle et Maggie sont cependant toujours très actifs. Bill, l’éleveur américain sujet de mon précédent reportage me raconte qu’ils ont chacun leur jardin potager. C’est à celui qui fera les plus beaux légumes. Et les enfants sont priés de les départager.

17.01.2009

Vieille carcasse

Décharge sauvage dans les forêts du County de Perry près de Bristow en Indiana, USA

Rencontres et paysages sur la route de l’Etat de l’Indiana, aux USA

Trophée empaillé magasin “Dave shop gun”

Panneau d’affichage des “fiertés”, Dave gun shop

Leopold General Store

Rencontré dans un restaurant à Hamberger de Leopold, ce vieux monsieur me montre des photos de ses voitures de collection. De son apparence modeste je déduis que c’est un “farmer” retraité local. Mais on m’apprend plus tard que c’est un millionnaire qui a fait fortune en rachetant les fermes du “county” aux agriculteurs endettés, lors de la crise des années 70 et les revendant au bon moment. Autant dire qu’il n’a pas beaucoup d’amis dans le coin.

Celina lake

Celina lake

Celina Lake et la Rickenbargh House

Reportage chez un agriculteur américain, dans l’Indiana. Voici le début d’une série de reportages sur les paysans américains. Dans un contexte de mondialisation de l’agriculture et de la concurrence entre les paysans de tous pays, je m’intéresse aux différents visages de ces travailleurs de la terre.

Eleveur de vaches à viande, Bill succède à son père et grand-père, dans la gestion de la ferme familiale. De taille modeste, avec ses 100 têtes de bétai, cette exploitation ne lui permet pas de boucler ses fins de mois. Pas facile de vivre de la ferme dans un contexte de baisse du prix de la viande, alors que le prix de l’alimentation du bétail augmente!

Reportage près de Bristow dans le County de Perry

Autrefois chauffeur routier, Bill a toujours mené conjointement deux boulots, dont celui d’éleveur. Père et fils, chacun avait son cheptel, avec une mise en commun des efforts techniques. A la retraite de son père, il a pris la suite de l’exploitation, fusionnant les deux troupeaux. L’augmentation du nombre de vaches sous sa responsabilité, ne lui a pas permis pour autant de se concentrer sur cet emploi. Il doit continuer à déneiger les routes et entretenir les chemins forestiers.

Fervent défenseur du port d’arme, il me montre sa collection de 30 fusils et armes à poing, rangés sous son lit. Doux comme un agneau, il ne se sépare cependant jamais de sa winchester, toujours à proximité du levier de vitesse de son 4×4. “C’est pour protéger les vaches des prédateurs, comme les chiens sauvages”, m’assure-t-il.

Cela l’amuse, quand en ville, je m’inquiète de ne pas le voir fermer son véhicule, malgré la présence d’une arme. “C’est un mode de vie”, me confie-t-il. Personne ne pensera à le voler. Se procurer une arme, c’est facile ici.

A la fin de la journée Bill m’emmène sur le site originel de la ferme familiale. “Tu vois les pierres qui dépassent de l’eau ?”, me demande-t-il en me montrant un lac, “C’est les vestiges de la ferme de mes grand parents qui a été sacrifiée par l’état, afin de créer une zone tampon contre les inondations.” Expropriée, la famille a récupéré une autre ferme en échange. Mais on sent dans ses yeux, la nostalgie et la douleur de l’attachement à la terre, qu’aucun argent n’effacera.

Rencontre entre collègues

Bill me montre sa collection d’armes à feu. Pas moins de 30 fusils et revolvers, rangés dans le placard et sous le lit.

Sous les eaux de ce lac artificiel, les restes de la ferme familiale, expropriée.

Portrait de la ville de Birdseye, ville en déclin, dans l’Etat de l’Indiana (USA) :

Birdseye est une de ces villes américaines qui se transforment progressivement en villes fantômes. Ayant connu un développement explosif au XIXème siècle grâce au chemin de fer, au commerce de la mélasse et des fûts, cette ville de 400 habitants sombre progressivement dans la léthargie. L’âge d’or est bien loin. Place à la crise économique et démographique!

De la grande époque, il ne reste que des traces architecturales et de vieilles photos en noir et blanc. La population y est vieillissante. Il n’y a plus d’entreprises pour retenir les rares jeunes. C’est une ville dortoir pour les actifs qui y vivent. La plupart des infrastructure publiques, dont l’école et la salle de sport sont en ruines. La cause de ce désastre : les flammes d’un incendie qui ont détruit en 1893 la gare et les entreprises qui faisaient vivre la population, la grande dépression des années 1930 ainsi qu’une autre crise dans les années 70. Nul doute que le bouleversement économique actuel aura le dernier mot.

Il subsiste cependant quelques commerces à Birdseye. Leur nature en dit long sur l’identité américaine et sur les ultimes besoins d’une ville en survie : un magasin d’armes, un vendeur d’alcool ainsi que cinq églises, de confessions différentes.

Mike est un ancien bûcheron et chauffeur de camions. Actuellement sans emploi, il passe les fêtes de fin d’année chez sa mère à Birdseye.

Clara et son mari font commerce et réparation d’armes. Installée dans l’ancienne poste de la ville, leur boutique est voisine du magasin d’alcools.

L’ancienne banque de Birdseye

Betty, infirmière à la retraite

Al et Carole habitent dans une maison familiale rénovée par leurs soins. Respectivement technicien dans une usine électrique et infirmière, ils travaillent à plus de 45 minutes de Birdseye.

Annie 26 ans, a grandi a Birdseye. Elle travaille dans la securité, au Casino de French Link.

Kelly G était autrefois disck-jockey dans une radio, au Kentucky. Elle est revenue au pays afin d’élever ses enfants. Elle gère actuellement l’unique épicerie de Birdseye.

Jake est mécanicien et chauffeur de bus scolaire.

Dans la boutique “Week-end treasure”, puces et antiquités.

Ken : ancien chauffeur de poids lourd, il est actuellement électricien. Originaire de Jasper, agglomération la plus proche de Birdseye, il a épousé une fille d’ici. Son hobby, c’est l’élevage de lapins de races. Il en a une cinquantaine, du plus poilu au plus rare.

Jay et Marge m’accueillent au pied du lit, en pyjama et robe de chambre. Jay est représentant de commerce pour les cigarettes, sucreries et snacks, vendus dans les stations services.