18.08.2009

Graine d’artiste

Séance de dessin sur les vitres d’une serre, janvier 2009 à Birdseye, Indiana, USA.

Je suis au chômage technique. Un agent de la sécurité de l’aéroport de New York JFK a fait accidentellement tomber mon appareil photo sur le carrelage. Bilan : mon outil de travail coupé en deux et une bonne crise de nerf. En vacances forcées, je fais une petite plongée dans mes archives.

Bras dessus, bras dessous, Carina et Auntie Pat, Birdseye, Indiana.

Bowling party at Dubois County Lanes, Huntingburg, Indiana.

12.03.2009

You are special

Installé dans les couloirs d’une école primaire de Belgrade, au Montana, USA, ce miroir fait parti du quotidien d’une soixantaine d’enfants. Ma petite soeur Carina (en rose) pose fièrement avec ses copains.

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Reportage à Belgrade au Montana (USA), chez Tom Milesnick, éleveur de bétail. Voici la suite de mon travail sur les différents visages de l’agriculture mondiale.

Descendant d’une longue tradition d’éleveur, Tom est le dernier Rancheur de la famille. Après lui s’arrête la relève. Son fils ne souhaite pas prendre la suite, préférant le rythme de vie du salariat, dans une entreprise de soudure industrielle.

Difficile d’obtenir des confidences de la part de Tom. D’apparence amicale, il n’en demeure pas moins silencieux. Nos quelques échanges sont succincts. Aucune parole de trop, juste le nécessaire.
Il est vrai que le cadre ne se prête pas au bavardage. Lors de notre rencontre, il fait environ -30°C. Un brouillard givrant envahi la plaine de Belgrade près de Bozeman.
Nous sommes dimanche. Il est 7H30 du matin. Pendant que certains veinards sont au chaud sous leur couette, nous allons nourrir les vaches.
J’apprends que Tom a développé une seconde activité de tourisme grâce à la pêche, complément de revenu non négligeable. Les 600 vaches de son cheptel lui permettent juste de vivre. L’augmentation des frais d’entretien de la propriété, du cours des aliments pour bétail diminuent la rentabilité du Ranch. “Je ne fait pas ce métier pour l’argent. C’est juste un mode de vie.”
Il avoue être assis sur un patrimoine important, qui n’aura une valeur que s’il vend les terres acquises en trois générations.

Au loin un aigle chauve. Impossible de l’approcher sans l’effrayer. Je dois me contenter d’une silouhette à défaut d’un gros plan.

A l’approche du tracteur, les vaches se regroupent pour le foin quotidien.

Le tracteur déroule la meule de foin.

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La passion des américains pour leurs bagnoles est un vrai phénomène de société. Voici Dick, employé dans une société de chemin de fer au Montana, près de Livingston. Accro de mécanique, il a récolté diverses pièces de voitures depuis son adolescence sans savoir exactement quoi en faire. Aujourd’hui, il a réalisé son rêve : construire une voiture de toute pièce. “Voici mon patchwork”, me dit-il en me présentant un bolide sans âge, sorti de son imagination. Construite à partir d’un moteur de Ford des années 20, de carrosseries de diverses voitures des années 30, d’une distribution des années 60, avec des sièges en cuir cousus main par sa femme, un tableau de bord façonné dans du bois précieux, sa voiture fait sensation dans les rues de Livingston.

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Reportage photo d'une émotion collective lors de l'investiture de Barack Obama, vu depuis la télévision dans la bibliothèque municipale de Bozeman au Montana, USA.

Reportage photo d’une émotion collective lors de l’investiture de Barack Obama, vu depuis la télévision dans la bibliothèque municipale de Bozeman au Montana, USA. (Photo ci dessus : ancienne sénatrice démocrate, Dorothee est venue partager l’évènement en public, malgré une santé fragile.)

Alors que des millions de personnes sont rassemblées dans le froid de Washington afin d’assister à l’investiture du nouveau président des Etats-Unis, une quarantaine de personnes vivent, bien au chaud, par procuration cathodique, un des plus grands moments de leur pays.

Inutile d’attendre des disputes ou insultes entre opposants politiques. Nous sommes ici dans un haut lieu de la culture, dans une ville universitaire. Tout le monde dans cette pièce a voté pour Obama et est venu savourer la victoire d’un démocrate et célébrer l’arrivée du premier homme de couleur au poste suprême.

Au premier rang, des grands mères commentent les entrées des personnalités, une tasse fumante à la main. “Oh regardez c’est Jimmy Carter! Qu’est-ce qu’il a vieilli. Je l’aurais pas reconnu… Oh Georges Bush Senior, quel coup de vieux! … Voilà le fils maintenant. Je voudrais pas être dans ses chaussures. Mais c’est bien fait pour lui ! -Tiens voilà la maman de Michèle Obama. Il parait qu’elle va vivre avec eux à la maison blanche, afin de donner de la stabilité aux filles du président. N’est-ce pas mignon?”

Clara psychologue d’environ 50 ans, me fait cadeau de son badge : “You bet your sweet ass…I’m a democrat”, voyant mon interêt pour l’objet. Elle me présente par la même occasion sa voisine Dorothee. C’est une grand dame à Bozeman. Ancienne sénatrice, elle a participé à la rédaction de la constitution du Montana. Affaiblie par la maladie, un respirateur artificiel dans son sac, elle me confie qu’elle souhaitait absolument partager ce moment en public.

Je suis en terrain conquis : une dame lit Jean Marie Le Clézio “dans le texte”. Elle me parle de Nicolas Sarkozy. “N’est-il pas l’ami de Georges Bush?” Je ne sais pas quoi lui répondre, sinon que je n’ai pas voté pour lui. Il n’est plus au goût du jour d’être un admirateur du président sortant. Les caméras de CNN montrent des pancartes ” Georges Bush en prison”. Le public dans la salle applaudit.

Soudain : “Mesdames et Messieurs, monsieur Barack Obama, 44éme président des Etats-Unis…..” La salle se dresse. Les yeux sont remplis d’espoir. Je mitraille. Voici les photos de la cérémonie à 3400 km du Capitol :

Dorothée et Carole commentent l’arrivée des officiels.

Don, installateur de chauffe-eau solaires.

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Portrait d’un couple d’agriculteurs et éleveurs de bétails américains à la retraite. Indiana, USA.

Merle et Maggie me reçoivent dans la pénombre de leur salon, paisiblement assis dans leurs fauteuils, l’un face à l’autre. La télé est éteinte. Que font-ils? Rien. Ils profitent juste d’une retraite que j’imagine amplement méritée. Les années de labeurs se lisent dans leurs yeux. Ils habitent dans un maison modeste, loin des standards de l’americain way of life. Peu d’électroménager. Une cuisine à l’ancienne avec un mobilier des années 60-70. Comme coupés du temps. Merle et Maggie sont cependant toujours très actifs. Bill, l’éleveur américain sujet de mon précédent reportage me raconte qu’ils ont chacun leur jardin potager. C’est à celui qui fera les plus beaux légumes. Et les enfants sont priés de les départager.

17.01.2009

Vieille carcasse

Décharge sauvage dans les forêts du County de Perry près de Bristow en Indiana, USA

Rencontres et paysages sur la route de l’Etat de l’Indiana, aux USA

Trophée empaillé magasin “Dave shop gun”

Panneau d’affichage des “fiertés”, Dave gun shop

Leopold General Store

Rencontré dans un restaurant à Hamberger de Leopold, ce vieux monsieur me montre des photos de ses voitures de collection. De son apparence modeste je déduis que c’est un “farmer” retraité local. Mais on m’apprend plus tard que c’est un millionnaire qui a fait fortune en rachetant les fermes du “county” aux agriculteurs endettés, lors de la crise des années 70 et les revendant au bon moment. Autant dire qu’il n’a pas beaucoup d’amis dans le coin.

Celina lake

Celina lake

Celina Lake et la Rickenbargh House

Reportage dans un ranch du Monatana,USA

Reportage dans un Ranch du Montana au sud de Livingston. Héritier d’une longue tradition de Rancher, Jerry O’Hair succède à son arrière grand-père, venu d’Irlande en 1878 afin de tenter le rêve américain. L’exploitation familiale qu’il dirige avec son frère est une des plus importantes de la vallée dite “du Paradis”, non loin du parc de Yellowstone. Suite de mon travail sur les différents visages de l’agriculture, dans un contexte de concurrence entre producteurs de denrées alimentaires, du monde entier.

Quand on lui demande la taille de son troupeau, la surprise est grande tant la réponse est floue : entre 900 et 1000. Pas facile de compter avec précision ses bêtes dans les immenses plaines du Montana,. “Cela rend folle ma femme”, s’amuse Jerry. Cette imprécision semble même faire sa fierté. “Au printemps dernier, un collègue m’a appelé pour me dire qu’il avait vingt quatre de mes vaches, dans son troupeau. A quoi je lui est répondu, c’est impossible. En fait c’était bien vrai, elles avaient bien notre marquage. Elles ont du rester là-bas au moins un an.”

Quatres générations d’éleveurs

Héritier d’une longue tradition de Rancher, Jerry O’Hair succède à son arrière grand-père, arrivé d’Irlande en 1878, dans la vallée du Paradis, au Montana (USA). L’exploitation familiale qu’il dirige avec son frère est une des plus importante de la vallée dite “du Paradis”. Pour la trouver il suffit de repérer les quatres monumentaux silos bleus, visibles depuis la route 89 entre Livingston et Gardiner. Arrivé sur place, un vent à décorner les boeufs, me pousse littéralement vers le coral. Je fais la connaissance de Jerry, les bottes dans cinq centimètres de bouse de vache, occupé à traiter les vaches contre les parasites. Aux premiers abords, un peu bourru, il se laisse progressivement aller à la confidence, pendant que nous suivons le déplacement du troupeau dans son pic-up.
L’élevage est visiblement sa passion. Il travaille même le dimanche, ne s’octroie que deux semaines de vacances dans l’année et refuse même l’idée de la retraite. Son père avant lui, conduisait encore le tracteur à plus de 80 ans.
Son ancêtre a connu les indiens qui venaient lui voler ses chevaux. Jerry est lui confronté à la concurrence de la viande d’Amérique du sud, les problèmes de changement climatiques, les taxes de l’Etat et les droits de succession. Etonnant changement de contraintes entre quatre générations!

Une vie modeste

Son statut social de grand propriétaire terrien n’est visible que dans les regards des habitants de Livingston où nous allons manger un Burger avec sa femme Virginia. Salué avec respect dans la rue, il ne peut faire deux pas sans engager une conversation. Devant leur maison, je suis étonné par la modestie de leur train de vie. Pas de mobilier luxueux, juste le nécessaire. Ils ne vivent que pour le Ranch. Le monde de la surconsommation à l’américaine est bien loin de leurs priorités.
Leur fortune n’est que virtuelle et ne deviendrait effective que s’ils renonçaient à la poursuite de la tradition familiale et vendaient leurs terres. Les clients, riches investisseurs ne manquent pas, mais ce qui n’est pas au programme.

La difficulté de la concurrence internationale

Le plus étonnant est le virage touristique que prend leur activité. Son fils emmène les hommes d’affaire de grandes métropoles à la chasse au chevreuil, afin de compléter ses revenus. Une activité de pêche à la mouche a été mise en place afin de gérer l’importante demande qui arrive sans publicité dans leur Ranch. Pour Jerry, c’est un mal nécessaire qui a tendance à l’agacer, par peur de voir son Ranch se transformer progressivement en parc d’attraction pour touristes de la ville.
Il ne comprend pas la baisse d’activité de l’agriculture américaine et des cours de la viande, qui rend son activité moins rentable. “Pourtant il faut bien les nourrir toutes ses bouches.” Mais la concurrence du Mexique est bien là, jusque dans les super-marcher de Livingston. Les milliers de kilomètres qui nous séparent des travailleurs mexicains n’y change rien. Il me pose beaucoup de questions sur l’alimentation en France. Le principe des AOC, de la culture de l’image du terroir et de la mise en valeur des produits locaux attirent particulièrement son attention.
Comme dépassé par la mondialisation, il lance une prophétique menace : “Tout ce qui reste ici aux Etats-Unis c’est l’entertainement. Bientôt on ne s’occupera que de distraire les gens et on se saura même plus comment produire de la viande et des légumes.”

Traitement des vaches contre les parasites

Déplacement d’une partie du troupeau, vers la ferme. La surveillance se fait d’habitude à dos de cheval. Aujourd’hui le vent est si fort que les chevaux sont restés dans la grange.

Communication radio entre Jerry et ses employés

Au centre, le fils de Jerry

Pendant la pause.

Repérage du troupeau

Retour du troupeau dans les champs, après le traitement contre les parasites

Stockage de la nourriture des vaches pour l’hiver. Construits en 1978, par le père de Jerry, ces monumentaux silos permettent de tenir les longs hivers du Montana. Le foin et les céréales nécessaires à l’élevage des vaches sont cultivés ici, pendant la belle saisons.

Le dégel du sol rend plus difficile les déplacements dans le corail, couvert de plus de cinq centimètre de bouse de vache.

Dans la salle technique, où sont commandés les tapis roulant distribuant la nourriture des silos.

Fin de journée. Jerry surveille la distribution des compléments alimentaires, depuis la salle de commande des silos.

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Reportage chez un agriculteur américain, dans l’Indiana. Voici le début d’une série de reportages sur les paysans américains. Dans un contexte de mondialisation de l’agriculture et de la concurrence entre les paysans de tous pays, je m’intéresse aux différents visages de ces travailleurs de la terre.

Eleveur de vaches à viande, Bill succède à son père et grand-père, dans la gestion de la ferme familiale. De taille modeste, avec ses 100 têtes de bétai, cette exploitation ne lui permet pas de boucler ses fins de mois. Pas facile de vivre de la ferme dans un contexte de baisse du prix de la viande, alors que le prix de l’alimentation du bétail augmente!

Reportage près de Bristow dans le County de Perry

Autrefois chauffeur routier, Bill a toujours mené conjointement deux boulots, dont celui d’éleveur. Père et fils, chacun avait son cheptel, avec une mise en commun des efforts techniques. A la retraite de son père, il a pris la suite de l’exploitation, fusionnant les deux troupeaux. L’augmentation du nombre de vaches sous sa responsabilité, ne lui a pas permis pour autant de se concentrer sur cet emploi. Il doit continuer à déneiger les routes et entretenir les chemins forestiers.

Fervent défenseur du port d’arme, il me montre sa collection de 30 fusils et armes à poing, rangés sous son lit. Doux comme un agneau, il ne se sépare cependant jamais de sa winchester, toujours à proximité du levier de vitesse de son 4×4. “C’est pour protéger les vaches des prédateurs, comme les chiens sauvages”, m’assure-t-il.

Cela l’amuse, quand en ville, je m’inquiète de ne pas le voir fermer son véhicule, malgré la présence d’une arme. “C’est un mode de vie”, me confie-t-il. Personne ne pensera à le voler. Se procurer une arme, c’est facile ici.

A la fin de la journée Bill m’emmène sur le site originel de la ferme familiale. “Tu vois les pierres qui dépassent de l’eau ?”, me demande-t-il en me montrant un lac, “C’est les vestiges de la ferme de mes grand parents qui a été sacrifiée par l’état, afin de créer une zone tampon contre les inondations.” Expropriée, la famille a récupéré une autre ferme en échange. Mais on sent dans ses yeux, la nostalgie et la douleur de l’attachement à la terre, qu’aucun argent n’effacera.

Rencontre entre collègues

Bill me montre sa collection d’armes à feu. Pas moins de 30 fusils et revolvers, rangés dans le placard et sous le lit.

Sous les eaux de ce lac artificiel, les restes de la ferme familiale, expropriée.