
Rencontre avec Florian, un expatrié Français, échoué à Portlaoise, en Irlande :
Toujours à la recherche de nouvelles rencontres, j’apprends par hasard qu’il y a un Français qui travail au O’Loughlins Hotel de Portlaoise. C’est parfait pour mon travail sur les expatriés. Voici après Pierre, un nouveau cas de Français ayant choisi de tenter l’expérience de l’étranger. Je vais pouvoir lui demander si l’herbe est plus verte au-delà des frontières de l’hexagone. Je rencontre Florian dans des circonstances particulières. Il finit son contrat dans deux jours. Le propriétaire de l’hôtel ne peut pas le garder, lui et un autre employé, à cause d’une baisse considérable du chiffre d’affaire.
Florian est un peu amer. Il ne veut pas rentrer en France, car il se sent chez lui à Portlaoise. Cela se voit. Au bar, il sert les clients avec vélocité, plaisante dans un anglais parfait, teinté d’un léger accent, tout en répondant à mes questions.
Arrivé en Irlande il y a 14 ans, il a eu, lui aussi, le coup de foudre pour la mentalité locale. « Il y a une vie sociale que l’on n’a pas en France. Les gens sortent beaucoup et font la fête.» Pas de problème d’adaptation pour ce Breton de souche. « Dans la famille, on a du sang Irlandais et Ecossais. Alors la langue est venue toute seule. » Son père a aussi travaillé au pays du trèfle dans sa jeunesse. Quand on lui demande si la France ne lui manque pas, il secoue la tête. « Pas du tout. Et puis s’il le faut, la Bretagne est à une heure d’avion. Si ! Il manque un peu de soleil. L’été dernier a été particulièrement maussade. Cela donnait envie d’aller au sud. »
Florian ne sait pas encore s’il va devoir revenir en France. L’appel du large se fait entendre. « Avec un petit voilier de 11 mètres, je pourrais faire le tour des points d’embauche et dormir dans le bateau. Il paraît que les pays qui ont du travail en ce moment sont la Nouvelle-Zélande et l’Australie. »