10.05.2007

L’avenir du plastique dans l’amidon de maïs ?

Catégorie : Écologie. Mots clés : .

La société Complas de Jassans-Riottier fabrique des flocons d’amidon de maïs.

Ce produit remplace avantageusement les flocons de polystyrène, pour la protection des colis postaux. L’impact sur l’environnement est bien moindre, puisque la matière première est naturelle, pas d’origine fossile contrairement au plastique et surtout biodégradable.

Les magasins Gam Vert commencent à proposer des sacs en amidon de maïs. L’avenir du plastique est-il dans l’amidon et la fécule?

Interview de Jean Michel, PDG de la société Complas :

D’où vous est venue l’idée de vous lancer dans la fabrication de ce type de produit?
Le produit a été développé par un labo de recherche en Italie, notre maison mère en Irlande s’y est interessée car il y avait des clients utilisant des chips en polystyrene. C’était l’opportunite de se démarquer, avec un produit nouveau, original et en plus environnemental.

Est-ce plus difficile pour un chef d’entreprise de fabriquer un produit écologique, plutôt qu’un autre?
Non, je ne pense pas. Ce qui est le plus dur est de faire changer les habitudes et les mentalités : il y a en France beaucoup d’appréhension face au changement et encore beaucoup de confusion dans les esprits entre les notions de recyclabilité et de biodégradabilité.

Quelle est la part de marché que couvre votre type de produit au niveau national et international ?
Notre pourcentage de marché est estimé à 10% en France, nos confrères Allemands sont à 50%… idem en UK et 100% en Australie

Quel est selon vous l’avenir de votre produit? Qui sont vos clients?
Nous espérons le même avenir que chez nos voisins Européens.
Nos clients sont principalement des revendeurs et distributeurs dans toute la France. Les utilisateurs sont très variés, par exemple les VPCistes, objets de déco, cosmétique, cristallerie, tous produits fragiles à emballer, ou vides à combler dans les colis.

La motivation écologique est-elle à l’origine de votre choix de secteur d’activité?

Non, c’est l’opportunité qui s’est présentée.

Le plastique peut-il être remplacé à terme par le fécule de maïs, dans toutes ses applications?

Non, le plastique de manière générale ne pourra pas être remplacé dans toutes ces applications par la fécule de pomme de terre ou amidon de maïs : certains critères ne peuvent être parfaitement respectés selon les cahiers des charges demandés . Mais les applications sont déjà nombreuses, et les labos de recherche poursuivent activement leurs développement pour améliorer les propriétés (réstistance mécanique, etc…), et les champs d’applications de leurs bioplastiques. En ce qui concerne nos particules de calage, nous estimons pouvoir répondre à 90% des cas d’application.

Commentaires

  1. La Blonde says:

    C’est clair que c’est super intéressant comme concept. Et tu ferrais un bon journaliste soit dit en passant ;-)

  2. Ah, la merveilleuse chose que la biotechnologie !
    On va donc produire du plastique avec du maïs.
    Formidable !
    Et puis, avec de la betterave, du colza, du maïs, des tournesols même, on fera du bio carburant…

    Et dire que tout cela passe pour de l’écologie ! Le fameux « développement durable » qui est censé rimer avec le « redémarrage de la sacro-sainte Croissance ».

    La bonne blague…
    Petit problème de mathématiques, et de logique, dérivé des problèmes de l?école de notre enfance, vous savez, les deux trains qui partent de deux villes différentes et dont il s?agit de trouver l?heure à laquelle ils devraient se croiser, ou encore la baignoire dont on doit calculer le temps qu?elle mettra à se rempli :
    - Sachant que d’ici 2050, 10% à 25% des terres arables auront disparu, englouties sous la montée des eaux, ou ravagées par la désertification ? celle-ci est déjà en bonne voie dans le sud de l’Espagne, et commence à apparaître dans le sud de l’Italie et prochainement dans le sud de la France.
    - Sachant que la population mondiale augmente d?environ 76 millions d?individus annuellement, et devrait franchir le cap des 9 milliards d?êtres humains d?ici 2050, entraînant une augmentation corollaire de la demande en nourriture, principalement de céréales, et une pression accrue sur les ressources hydriques.
    - Sachant qu?à l?heure actuelle, un milliard d?êtres humains, suite à leur enrichissement, sont en train de changer de régime alimentaire, délaissant le riz, les céréales, les fruits et les légumes au profit de la viande.
    - Sachant que le cheptel mondial de bétail, pour pouvoir répondre à une demande fortement accrue en viande, doit lui aussi augmenter dans les mêmes proportions.
    - Sachant que toute augmentation du cheptel mondial entraînerait une hausse de la demande mondiale en céréales, et augmenterait à son tour la pression sur les ressources hydriques.
    - Sachant que toute augmentation des superficies agricoles, particulièrement celles destinées à la culture céréalière, entraînent elles aussi, non seulement une augmentation de la pollution des sols, des rivières et des nappes phréatiques, mais aussi une pression accrue sur les réserves hydriques de par leur irrigation.
    - Sachant que les ressources en eau potable tendent à se raréfier partout dans le monde, soit par leur empoisonnement, soit par leur épuisement.
    - Sachant enfin que, suivant les régions, Europe comprise, 20 à 80% de la population devrait avoir des problèmes pour se fournir en eau potable d?ici à 2020.

    Question : comment pourrons nous arriver à la fois à fournir suffisamment de céréales pour le bétail et les humains, et puiser suffisamment d?eau pour alimenter l?agriculture et l?humanité, le tout sans épuiser les faibles ressources hydriques restantes ?
    Question subsidiaire : Comment fournir assez de céréales, et donc puiser suffisamment d?eau, non seulement pour répondre aux besoins du bétail et de l?humanité, mais aussi aux nouveaux besoins industriels : bio plastiques, bio carburants etc. ?
    Le tout sans épuiser les réserves en eau potable, et en limitant la pollution.

    Qui conque a la réponse à ces deux questions peut courir s?inscrire sur la liste du prochain prix Nobel d?économie !

  3. La Blonde says:

    Je suis entièrement d’accord avec ton analyse. Le problème c’est que plutôt que de chercher la manière d’augmenter la production il faudrait peut être chercher à réduire la courbe d’augmentation de la population. Mais ne serait-ce pas un sujet encore plus complexe et tabou ?

  4. Pas seulement faire baisser la courbe d?augmentation de la population. Parce que pour ça, il n?y a que trois voies possibles, dont deux mauvaises :
    - la première, la meilleure, c?est l?accès à une certaine richesse matérielle et l?accès à un système de retraite et à un système de sécurité sociale performants. Dès lors que ce stade est atteint, la courbe de natalité s?effondre, cela été vérifié partout : de l?Europe jusqu?aux classes aisées indiennes ou tunisiennes (la Tunisie, qui a connu un certain essor économique général ces vingt dernières années, a ainsi un taux de fécondité inférieur à celui de la France). Mais cela sous entend un certain développement matériel, économique, industriel, du pays, et donc une augmentation corollaire de la pression sur les ressources naturelles mondiales.
    - La seconde, c?est celle de certains pays africains ou de la Corée du nord : la natalité non seulement y baisse, mais même la population tout court ! SIDA, pandémies, guerres civiles, et pour la Corée du nord et quelques autres pays, famines, tout cela concourt à faire baisser temporairement la population, et même l?espérance de vie.
    - La troisième voie, c?est celle de l?autoritarisme, la voie chinoise, la politique de l?enfant unique. Mais attention, pas de politique volontariste de maîtrise de la démographie sans stérilisation forcée et sans Laogai (goulag chinois). Avec les conséquences que cela implique? Ainsi, il y a quelques jours est parvenu en Occident un court film amateur clandestin, montrant les ravages d?une révolte de citoyens au sein d?une petite bourgade perdue dans une province chinoise rurale. Les émeutiers avaient détruits voitures, bâtiments officiels, pillés des administrations, et tout cela pourquoi ? Simplement en réponse à une expédition punitive des services sociaux chinois, qui étaient venus quelques jours auparavant dans de nombreuses familles de la ville ayant enfreint la règle de l?enfant unique, pour les châtier : destructions de bien, pillage, lourdes amendes, punitions corporelles. Pas de quoi enthousiasmer, dès lors que l?on se penche un tant soit peu sérieusement sur les conséquences d?une telle politique de dénatalité autoritaire?

    Qui plus est, on estime généralement que pour satisfaire les besoins et fournir les services habituels dans une société développée, arrivée au stade des pays de l?Europe de l?ouest par exemple, au niveau mondial, sans épuiser les ressources naturelles, il faudrait que la population globale ne dépasse pas 1 ou 2 milliards d?être humains. Nous en sommes à 6.5 milliards !
    Quant à développer le monde entier selon la fameuse Americain Way of Life, encore plus polluante et exigeante en matière énergétique, c?est une population d?un milliard de personne au maximum qu?il faudrait ! Autrement dit, revenir au niveau de population du début du XIXème siècle !

    En réalité, il s?agit bien d?abandonner à terme, et de préférence assez rapidement, ou bien les illusions de la croissance comme absolu, et du développement perpétuel et infini de l?économie, des forces productives et des services, ou bien de stopper net le développement des pays du tiers monde, et particulièrement ceux de la Chine, de l?Inde et du Brésil. Donc, instaurer une ségrégation économique mondiale, entre les pays développés d?un côté, et le reste du monde qui serait comme frappé d?interdiction de développement pour cause de péril écologique.

    Comme l?on voit bien que la seconde solution est à peu près aussi acceptable que l?Apartheid en Afrique du sud, il ne reste en réalité qu?une solution, la plus logique, mais aussi la plus difficile à faire accepter, la plus complexe à mettre en ?uvre, que ce soit dans le cadre d?une décroissance (du moins des pays industrialisés) ou d?une décélération maîtrisée des besoins et de la croissance, dans le cadre d?une définition alternative de cette dernière.

  5. La Blonde says:

    Oui la décroissance est une solution mais de manière large je pense. Bref, je n’ai pas envie de m’étendre sur le sujet car ce n’est pas vraiment le lieu ni le bon moyen. Je préfère débattre de tout cela calmement. Je vous invite donc Daniel et l’antigalimafrée à discuter de ces arguments avec qui voudra autour d’un thé à la menthe.

  6. Daniel says:

    Pourrions nous avoir un contact telephone ou email, pour plus d’informations. Merci d’avance.

  7. daniel says:

    leur adresse :
    Complas
    592 rue de la liberté
    01480 Jassans Riottier

    04 37 55 43 91

  8. Karadoc says:

    Ton analyse est très pertinente et je partage ton point de vue Antigalimafrée. Ma réponse sera simple. Les bioplastiques ne sont qu’une voie permettant la valorisation des ressources agricoles. Par ailleurs, l’éco-bilan de ces produit est loin d’être si favorable (engrais, pesticide, récolte, transformation…) au final ces matériaux émettent une quantité de CO2 non négligeable.
    Il faudra attendre les bioplastiques de deuxième génération, ceux qui n’entreront pas en concurrence avec l’alimentation humaine. Et il commence à y avoir des piste autorisant la valorisation des déchets. Ce nets pour l’instant que des pistes, mais à terme elles seront efficaces.
    En attendant, des plastiques ont un intérêt majeur, ils permettent de faire du biosourcé et donc de limiter la dépendance vis à vis des ressources fossiles extérieures. Ils ont enfin un dernier objectif, la préparation de l’après pétrole.

  9. nono says:

    n’acheter surtout pas de joint de porte en cette matiere , ils sont bouffer en 2 jours par les souris

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