19.05.2009

Patricia Théophilos, locatrice à Morestel

Catégorie : Rencontres. Mots clés : , , , , .

Portrait d’une locatrice de la Semcoda, bénéficiant d’un logement adapté à son handicap :

Nouvel épisode de la série de portraits de locataires, que je fais pour un livre des 50 ans de la Semcoda, bailleur social dans les départements du Rhône, l’Ain, l’Isère et la Saone et Loire. En fauteuil roulant depuis plus de 30 ans, Patricia est une femme de caractère. Elle fait face à ses problèmes de santé avec détermination.

« Ma maison, c’est ma fierté »

L’intérieur de Patricia Théophilos est un véritable bijou. De la tapisserie aux lustres, jusqu’au carrelage dans le garage, tout à été étudié afin de créer un endroit chaleureux et douillet. « J’ai tout décoré et personnalisé afin de me sentir chez moi. C’est un peu ma fierté. » Pour compléter le tout, une collection de sculptures d’éléphants, (plus de 120 !) sont répartis dans toute la maison. Pas une pièce sans pachyderme. C’est son animal fétiche. «Le symbole de la force et du courage.»
Faire de sa maison un cocon est un peu une nécessité, pour cette retraitée de 64 ans qui passe beaucoup de temps chez elle. Victime d’un accident de voiture, elle est clouée dans un fauteuil roulant depuis plus de 38 ans.
Patricia refuse de se plaindre. Elle se sent même une privilégiée car elle a obtenu un logement adapté, auprès de la Semcoda. « Je fréquente beaucoup d’autres handicapés qui n’ont pas la chance d’avoir un lieu de vie comme le mien. Il n’y en a pas assez. »
Elle se bat contre elle-même pour garder la tête haute et rester autonome. Elle tient à effectuer elle-même son ménage. Elle conduit toujours sa voiture aménagée avec boîtier automatique. Pour cette fille du voyage, descendante d’une troupe de forains, ce n’est pas dans sa culture de demander le l’aide. « Chez nous, les gitans, on apprend à se débrouiller seuls et à ne pas se lamenter sur son sort. »
Maxime, le fils d’une amie, l’aide de temps en temps. Elle lui donne la pièce car « tout travail mérite salaire ».
Pendant des années, elle s’est levée à 5h du matin pour vendre sur les marchés. Il y a dix ans, elle tenait encore des manèges dans une vogue. Aujourd’hui elle se fait plaisir en sortant dans les soirées dansantes, en jouant à la coinche avec les amis en dialoguant sur internet avec sa fille et sa petite-fille. « Je profite de la vie car je ne suis plus toute jeune. Avec mes problèmes de diabète et de cœur, je sais que je ne suis pas éternelle. »
Installée ici depuis 12 ans, elle a été contrainte de demander des modifications au fur et à mesure de l’évolution de son état de santé. Le bac à douche de la salle de bain a été transformé en douche à l’italienne. Les volets roulants ont été électrifié pour ménager son cœur.

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