Une partie de vendanges

Une partie de vendanges

Fleurie, Beaujolais, FRANCE. Instants de vie avec une troupe de vendangeurs.

 

 

 

 

Le mois de septembre est le rendez-vous des vendanges, dans le Beaujolais. C’est un rite de passage. Pour les jeunes de la région, il faut avoir essayé les vendanges au moins une fois dans sa vie. On en bave : 8 heures par jour plié en deux, sous des conditions météos parfois extrêmes. Les porteurs doivent supporter la charge des 70 kilos d’une hotte remplie de raisins. Mais c’est un moment de convivialité et de rencontres, où l’on peut croiser toutes les classes sociales : étudiants, gens du voyage, retraités, chômeurs y viennent traditionnellement pour compléter leurs revenus. Il y a aussi des salariés qui prennent une semaine de congés chaque année, par passion. Les vendanges manuelles se font rares en France. Sauf dans le Beaujolais, où la réglementation l’impose, et dans les coteaux, où la machine ne passera jamais.

Les hommes des bois

Les hommes des bois

Bois de Chaux-de-Crotenay, FRANCE. Prélèvement sélectif d’arbres par deux bûcherons professionnels.

 

 

 

 

 

« Le métier de bûcheron est devenu une promenade », me confiait Patrice, avec le sourire de la mauvaise foi, lors de ce reportage dans les bois de la Chaux-de-Crotenay, dans le Jura. Voici les images de deux journées passées avec Michael et Patrice, respectivement 16 ans et 24 ans de labeur dans les bois. Assurément pas une promenade de santé!
Toujours dehors, qu'il pleuve ou qu'il neige, ils tronçonnent, font « la tête », ébranchent, cubent et numérotent les troncs du Jura, à destination des scieries environnantes. Les dangers sont nombreux : projection d’échardes, chute de bois, coupures et des risques de déséquilibre, causés par leurs lourdes tronçonneuses. « Mais au moins nous sommes libres, sans patron sur le dos et au grand air », selon Michael. Les candidats sont pourtant peu nombreux.
« Notre travail est devenu plus facile aujourd’hui », explique Patrice, car nous n’avons plus à écorcer les arbres et les tronçonneuses se sont modernisées. »

Certains pourraient voir ce reportage comme un éloge de la déforestation. Ce qui est dans ce contexte, une erreur. En premier lieu, car les forêts du Jura sont en constante croissance, grâce à un contrôle minutieux des gardes forestiers. Ensuite, car Michael et Patrice remplacent avantageusement les machines destructrices, en faisant un prélèvement sélectif des arbres qui empêchent le développement des jeunes « plantations ». À chaque abattage, ils calculent le sens de la chute, afin de les préserver. Chacun avec sa méthode : Michael le dos au tronc, Patrice avec des bâtons taillés.

The O'Hair ranch

The O'Hair ranch

Livingston, Montana, USA. Jerry O'Hair, éleveur de bétail dans la vallée du Paradis

 

 

 

 

 

Quand on demande à Jerry la taille de son troupeau, la surprise est grande tant la réponse est floue : entre 900 et 1000 têtes. Difficile à dire ! Avec le principe de l'élevage extensif, dans les immenses plaines du Montana, un comptage exhaustif est impossible. « Cela rend folle ma femme », s'amuse-t-il. Cela semble même faire sa fierté.
Héritier d'une longue tradition de ranchers, Jerry O'Hair succède à son arrière-grand-père arrivé d'Irlande en 1878. L'exploitation familiale qu'il dirige avec son frère est une des plus importantes de la vallée dite "du Paradis", non loin du parc de Yellowstone.
D'une génération d'agriculteurs à l'autre, les enjeux diffèrent. Le souci de son ancêtre était les Indiens qui venaient lui voler ses chevaux. Jerry est confronté à la concurrence de la viande d'Amérique du Sud, aux taxes de l'Etat, aux droits de succession et aux problèmes de changement climatique.
« The O'Hair ranch » a pris depuis peu un virage touristique. Le fils de Jerry emmène les touristes des grandes métropoles à la chasse au chevreuil. Ils ont ouvert leurs terres à la pêche à la mouche. Pour Jerry, c'est un mal nécessaire qui a tendance à l'agacer, par peur de voir son ranch se transformer progressivement en parc d'attractions. Il ne comprend pas les difficultés que rencontre sa profession. « Pourtant, il faut bien les nourrir toutes ses bouches. » Mais il y a la concurrence de la viande mexicaine, jusque dans les supermarchés de Livingston. Curieux de savoir ce qui se passe en Europe, il me pose beaucoup de questions sur l'alimentation en France. Le principe des AOC, de la culture de l'image du terroir  et de la mise en valeur des produits locaux attire particulièrement son attention.
Comme dépassé par la mondialisation, il lance une prophétique menace : « Tout ce qui reste ici aux Etats-Unis, c'est l'entertainement. Bientôt on ne s'occupera que de distraire les gens et on ne saura même plus comment produire de la viande et des légumes. »

Reportage effectué dans le cadre d'un travail sur les différents visages de l'agriculture mondiale.

Declan, éleveur irlandais

Declan, éleveur irlandais

Ballacolla, IRLANDE. Une journée avec Declan Mc Evoy, éleveur de vaches laitières.

 

 

 

 

 

Mars 2009. Il est 8 h du matin. Une main posée sur le cul d’une vache, Declan dirige son troupeau vers la salle de traite. Sa démarche est paisible. À la tête d’un troupeau de 85 vaches, il gère tranquillement sa journée. Ses gestes sont lents mais assurés. Le soin qu’il donne à ses vaches montre son amour pour son métier. Declan n’a pas toujours été agriculteur. Il y a 11 ans, il conduisait encore des engins agricoles pour le compte d’une importante société, avant de rejoindre son père. Il ne regrette pas ce choix, car diriger une exploitation agricole c’est selon lui un mode de vie équilibré, lui offrant une liberté d’action et la possibilité de profiter de sa famille. Papa poule, il n’a d’yeux que pour ses filles. Sa femme a quitté son travail de secrétaire pour élever leurs enfants et économiser ainsi les frais de nourrice. La famille Mc Evoy partage ainsi la journée ensemble.
Le père de Declan a acheté cette ferme dans les années 60. Il l’a fait grossir peu à peu grâce à l’élevage de porcs. Longtemps tournée vers la polyculture, l’exploitation s’est concentrée sur la production de lait.

Reportage effectué dans le cadre d’un travail sur les différents visages de l'agriculture mondiale.

Boeuf en stock

Boeuf en stock

Ballinakill, IRLANDE. Vente aux enchères de bovins

 

 

 

 

 

Une fois par semaine, les éleveurs du conté de Laois, en Irlande, se rassemblent à la foire aux bestiaux de Ballinakill, afin d'acheter ou vendre des vaches. Ce marché est une affaire d'initiés. Le commissaire-priseur annonce les enchères dans un galimatias fait de chiffres et de détails techniques, rythmé comme un chant. Il faut aller vite, d’autres bêtes attendent leur tour. Les gestes des fermiers sont à peine visibles : un hochement de tête, un léger geste de la main ou du doigt suffisent à faire monter les enchères. Les vaches ne semblent pas apprécier la parade. Nerveuses, elles se braquent et chargent le personnel. Le maître de l'arène se cache derrière les barreaux pour ne pas se faire écraser. Un coup de bâton sur le museau. Au suivant ! Pour les éleveurs de la région, cet événement est aussi l’occasion de discuter avec les collègues et de prendre la température de l’économie locale.

Reportage effectué dans le cadre d’un travail sur les différents visages de l'agriculture mondiale.

Chasser autrement

Chasser autrement

Châtillon-sur-Chalaronne, FRANCE. Partie de chasse au lièvre, avec une compagnie d’archers.

 

 

 

 

 

 

"Cela n'a rien à voir avec la chasse au fusil", affirme un des chasseurs. Version soft ou plus politiquement correcte que la chasse au fusil ? À chacun d'y concéder ou de refuser la nuance. 28 chasseurs sont venus participer à cette chasse un peu spéciale, dans les Dombes, non loin de Châtillon-sur-Chalaronne, dans L’Ain. Il y a ceux pour qui le choix des armes importe peu, des curieux venus s’essayer à la cible vivante, d’anciens chasseurs traditionnels convertis et les passionnés qui ne toucheraient pour rien au monde une arme à feu. « Avec l’arc, on laisse au moins sa chance au gibier », affirme Jean. Tenue médiévale, très Robin des bois, c’est pour lui un mode de vie. La cible de cette partie de chasse, c’est le lièvre. La méthode, une technique de rabattage appelée chaudron, qui consiste à encadrer un champ et avancer progressivement vers le centre, afin de lever les lièvres blottis dans les trous. Aujourd’hui, 58 flèches auront été tirées, pour trois victimes.

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