Petit village de 1200 habitants, Odoguié est situé dans la forêt tropicale, à une heure et demi de route au nord-ouest d’Abidjan. Pendant la période des pluies, les sociétés de transport refusent de s’y rendre. Trop risqué. L’unique accès se fait par une piste mal entretenue. Il faut un véhicule tout terrain pour s’enfoncer dans la forêt tropicale, slalomer entre les nids de poules et les branches d’arbres pliées par les pluies torrentielles.

Cet isolement géographique n’en fait pas pour autant un ilot coupé du monde. L’influence du mode de vie moderne et de sa société de consommation y sont omniprésentes. Ici comme ailleurs, on voit des jeunes ados soucieux de leur tenue vestimentaires s’envoyer des textos avec des téléphones portables derniers cris. On peut aller admirer les derniers films de Jean-Claude Van Damme et de Jacky Chan dans une case de bois tressé, en sirotant un Coca-cola. Les amateurs de football y suivent match après match les performances de Drogba, héros national, dans ses tournées mondiales.

Les clichés d’antan restent cependant toujours de mise. Les femmes passent d’interminable heures à piler le manioc et à chauffer l’atiké, pendant que les hommes prélèvent le latex, fabriquent du charbon et récoltent l’igname. La polygamie y est toujours monnaie courante. Seuls les chefs de familles élisent le chef de village. Odoguié est une cité traditionnelle connectée au village mondial.

La plupart des jeunes rêvent d’aller en ville, où tout se passe. Certains même en Europe. Mais la réalité les pousse souvent à revenir au village pour retrouver la sécurité qu’apporte la communauté. La récente crise politique qui a opposé l’ancien président Gbagbo à Ouattara et provoqué des affrontements meurtriés a entraîné un retour massif. Odoguié a vu ainsi sa population augmenter de 70% ces dernier mois.

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