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Ministère de l'environnement : qu'attendre de Jean-Louis Borloo?
Si l'avènement de ce super ministère est une chance pour l'écologie, il ne faut cependant pas en attendre beaucoup d'un homme d'état, élevé au biberon de la sainte croissance. Alors que la vraie écologie c'est la sobriété et le changement de mode de vie par la réduction de la consommation.
"Il s'agit de changer la donne dans ce pays" annonçait cette semaine, le nouveau chef de ce super-ministère. Mais que peut on attendre comme changement venant d'un homme d'état, inévitablement lié aux lobbies industriels et agricoles ainsi qu'aux promesses de croissance de son hyper-président Sarkozy? Car en matière d'écologie rien ne se fait sans remise en question globale de notre mode de vie, de consommation, de production de biens et services et de leurs excès. Il nous faut baisser notre consommation d'énergie, moins utiliser les ressources de la planète, consommer moins pour consommer mieux, etc..
A ce sujet on est déjà mal parti. Dans son discours du 16 juin Jean-Louis Borloo annonçait déjà que "la révolution écologique est une révolution économique et une opportunité de croissance". Tout écolo averti sait que l'obsession de croissance n'est pas compatible avec l'écologie. Mais allez faire comprendre le concept de décroissance à un ancien ministre de l'économie!
Jusqu'où est-il prêt à aller? Quelle est sa marge de manoeuvre? On voit déjà les grands intérêts s'élever en barrière au changement. La profession agricole se montre très inquiète de ce qui pourrait mettre en cause son activité. Quelle culture écologique a-t-il? Son prédécesseur Alain Juppé s'était déjà illustré par son manque de conscience écologique en prenant un jet privé afin d'inaugurer la nouvelle ligne de TGV du Nord-est.
"Nous souhaitons absolument être le ministère du passage à l'acte", a affirmé le ministre. "Nous ferons en sorte que la France soit en pointe dans ce combat", a-t-il dit, lors d'une conférence de presse à Paris.
Je ne peux cacher une certaine impatience face à ce beau discours. L'écologie n'a jamais été aussi présente dans les esprits et ce super ministère de l'écologie est une chance unique, pour appliquer une politique nationale de ce qui se passe dans les laboratoires de l'écologie, dans les milieux "underground". Car, plus que n'importe quel domaine, l'écologie ne peut être pratiquée qu'au niveau individuel et nécessite un engagement important de l'état. L'écologie coûte cher et implique des investissements à long terme que seul un état peut faire.
Rendez-vous le 10 septembre pour la présentation des synthèses des groupes de travail et les premières mesures. L'enveloppe bugétaire devrait dépasser les 40 milliards d'euros, attention aux rapaces! Les grands groupes qui vivent des commandes de l'état, qui se partagent habituellement les grands chantiers, sont déjà sur les rangs. Cette semaine sur l'agenda du ministre étaient prévues les visites de Serges Dassault, de D. Ranque, président de Thalès, J-C. Spinetta, président d'Air France KLM. Parmi les plus grands pollueurs de la France, ça commence bien!
