Daniel Gillet, photographe indépendant

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10 mai

L'avenir du plastique dans l'amidon de maïs ?


La société Complas de Jassans-Riottier fabrique des flocons d'amidon de maïs.

Ce produit remplace avantageusement les flocons de polystyrène, pour la protection des colis postaux. L'impact sur l'environnement est bien moindre, puisque la matière première est naturelle, pas d'origine fossile contrairement au plastique et surtout biodégradable.

Les magasins Gam Vert commencent à proposer des sacs en amidon de maïs. L'avenir du plastique est-il dans l'amidon et la fécule?

Interview de Jean Michel, PDG de la société Complas :


D'où vous est venue l'idée de vous lancer dans la fabrication de ce type de produit?
Le produit a été développé par un labo de recherche en Italie, notre maison mère en Irlande s'y est interessée car il y avait des clients utilisant des chips en polystyrene. C'était l'opportunite de se démarquer, avec un produit nouveau, original et en plus environnemental.

Est-ce plus difficile pour un chef d'entreprise de fabriquer un produit écologique, plutôt qu'un autre?
Non, je ne pense pas. Ce qui est le plus dur est de faire changer les habitudes et les mentalités : il y a en France beaucoup d'appréhension face au changement et encore beaucoup de confusion dans les esprits entre les notions de recyclabilité et de biodégradabilité.

Quelle est la part de marché que couvre votre type de produit au niveau national et international ?

Notre pourcentage de marché est estimé à 10% en France, nos confrères Allemands sont à 50%... idem en UK et 100% en Australie

Quel est selon vous l'avenir de votre produit? Qui sont vos clients?

Nous espérons le même avenir que chez nos voisins Européens.
Nos clients sont principalement des revendeurs et distributeurs dans toute la France. Les utilisateurs sont très variés, par exemple les VPCistes, objets de déco, cosmétique, cristallerie, tous produits fragiles à emballer, ou vides à combler dans les colis.

La motivation écologique est-elle à l'origine de votre choix de secteur d'activité?

Non, c'est l'opportunité qui s'est présentée.

Le plastique peut-il être remplacé à terme par le fécule de maïs, dans toutes ses applications?

Non, le plastique de manière générale ne pourra pas être remplacé dans toutes ces applications par la fécule de pomme de terre ou amidon de maïs : certains critères ne peuvent être parfaitement respectés selon les cahiers des charges demandés . Mais les applications sont déjà nombreuses, et les labos de recherche poursuivent activement leurs développement pour améliorer les propriétés (réstistance mécanique, etc...), et les champs d'applications de leurs bioplastiques. En ce qui concerne nos particules de calage, nous estimons pouvoir répondre à 90% des cas d'application.



14 juin

Mon bilan de trois années au GPL


Voici maintenant trois ans et 76600 kilomètres que je roule au GPL. Une aventure que j'hésite encore à renouveler, tels les freins en France sont nombreux.

Une aventure! Oui, il n'y a pas d'autre mot, pour qualifier le choix du GPL comme mode de combustion. Car rien n'est simple quand on fait un choix différent de la majorité des conducteurs.


Après de longues recherches, j'ai décidé d'acheter un véhicule récent et de le faire équiper d'un kit GPL, lui permettant de rouler à l'essence sans plomb 95 et au gaz. J'ai dû avancer les 2700 euros de frais pour cette modification, avant d'être remboursé à hauteur de 2100 euros en crédit d'impôts au bout d'un an. Déjà première difficulté, quand on n'est pas plein aux as.

Au bout de plusieurs milliers de kilomètres sans problème, j'ai été immobilisé à Genève puis à Dôle et en Espagne, loin de mon garagiste agréé GPL, avec des problèmes de bobines et d'injecteurs. Pur problème mécanique FIAT, qui n'a rien à voir avec le GPL. Ce serait en soit une banale panne si les garagistes locaux ne criaient pas au loup au moment de découvrir le kit GPL: "Quoi ?! une voiture au GPL, je touche pas à ça!"

L'approvisionnement en Gaz ne m'est jamais apparu comme un problème majeur. Quand on fait beaucoup de route, on en trouve toujours. Certes cela demande un peu d'organisation et d'anticipation! Et puis en cas de manque, il y a toujours possibilité de basculer en mode Essence. J'ai vu dans ma région deux stations fermer leur pompe GPL. Les stations essence ont souvent leur distributeur GPL en panne. Sans encouragements de l'état, rien ne les obligent à tenir ce service.

Puis vient le jour de la revente. Pas très vendeur le GPL. Les acheteurs sont peu nombreux, car les automobilistes non sensibilisés à cette alternative.

Si le GPL est aujourd'hui le seul moyen de rouler écologiquement -à part le très couteux moteur hybride- rien n'est fait pour l'encourager en France. Les garagistes ne jurent que par le diesel et le HDI est leur grand prophète. N'étant pas formé pour réparer cette technologie marginale, ils en ont peur. En Italie pourtant la sauce a très bien pris. Les véhicules équipés en GPL sont plus nombreux que les diesels. Ce qui prouve que seule une politique globale venant d'en haut peut changer la donne.

Bref, il faut être un écolo engagé pour tenir bon le cap du GPL. Certes les économies sont là. Certes ma voiture ne produit que très peu de gaz carbonique, pas de particules, pas de benzène, ni de souffre, ce qui en soit est une révolution! Mais si je dois changer de voiture, comment réinvestir dans cette technologie sans vision du futur?

09 juil

Ministère de l'environnement : qu'attendre de Jean-Louis Borloo?


Si l'avènement de ce super ministère est une chance pour l'écologie, il ne faut cependant pas en attendre beaucoup d'un homme d'état, élevé au biberon de la sainte croissance. Alors que la vraie écologie c'est la sobriété et le changement de mode de vie par la réduction de la consommation.

"Il s'agit de changer la donne dans ce pays" annonçait cette semaine, le nouveau chef de ce super-ministère. Mais que peut on attendre comme changement venant d'un homme d'état, inévitablement lié aux lobbies industriels et agricoles ainsi qu'aux promesses de croissance de son hyper-président Sarkozy? Car en matière d'écologie rien ne se fait sans remise en question globale de notre mode de vie, de consommation, de production de biens et services et de leurs excès. Il nous faut baisser notre consommation d'énergie, moins utiliser les ressources de la planète, consommer moins pour consommer mieux, etc..

A ce sujet on est déjà mal parti. Dans son discours du 16 juin Jean-Louis Borloo annonçait déjà que "la révolution écologique est une révolution économique et une opportunité de croissance". Tout écolo averti sait que l'obsession de croissance n'est pas compatible avec l'écologie. Mais allez faire comprendre le concept de décroissance à un ancien ministre de l'économie!

Jusqu'où est-il prêt à aller? Quelle est sa marge de manoeuvre? On voit déjà les grands intérêts s'élever en barrière au changement. La profession agricole se montre très inquiète de ce qui pourrait mettre en cause son activité. Quelle culture écologique a-t-il? Son prédécesseur Alain Juppé s'était déjà illustré par son manque de conscience écologique en prenant un jet privé afin d'inaugurer la nouvelle ligne de TGV du Nord-est.

"Nous souhaitons absolument être le ministère du passage à l'acte", a affirmé le ministre. "Nous ferons en sorte que la France soit en pointe dans ce combat", a-t-il dit, lors d'une conférence de presse à Paris.

Je ne peux cacher une certaine impatience face à ce beau discours. L'écologie n'a jamais été aussi présente dans les esprits et ce super ministère de l'écologie est une chance unique, pour appliquer une politique nationale de ce qui se passe dans les laboratoires de l'écologie, dans les milieux "underground". Car, plus que n'importe quel domaine, l'écologie ne peut être pratiquée qu'au niveau individuel et nécessite un engagement important de l'état. L'écologie coûte cher et implique des investissements à long terme que seul un état peut faire.

Rendez-vous le 10 septembre pour la présentation des synthèses des groupes de travail et les premières mesures. L'enveloppe bugétaire devrait dépasser les 40 milliards d'euros, attention aux rapaces! Les grands groupes qui vivent des commandes de l'état, qui se partagent habituellement les grands chantiers, sont déjà sur les rangs. Cette semaine sur l'agenda du ministre étaient prévues les visites de Serges Dassault, de D. Ranque, président de Thalès, J-C. Spinetta, président d'Air France KLM. Parmi les plus grands pollueurs de la France, ça commence bien!