Le blog de Daniel Gillet, photographe indépendant

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Billets contenant le mots-clés "social"
24 juin

A toute vitesse


Fauteuil roulant dans la rue, juin 2008

 

18 sep

Du soleil dans la classe


Reportage sur trois élèves trisomiques, intégrés dans une classe de 5éme dans un collège de Bourg-en-Bresse. 

On les appelle les "enfants du soleil" parce qu'ils apportent la chaleur de leur sourire. J'ai pu constater lors de ce reportage, que leur surnom n'était pas volé. Erwin, Victor et William ne manquent pas d'irradier leur classe de leur espièglerie et bonne humeur.

 

Exempts de barrière sociale, ils font ce qui leur plait quand ça leur chante. Cela ne doit pas faire oublier leur extrême sensibilité et donc fragilité. Partage entre moments de blues, taquineries envers leurs camarades de classe et grimaces devant l'objectif, cette journée se veut une journée comme les autres. Même si la présence d'un photographe stimule plus l'envie de jouer que celle de travailler.

Encadrés par deux auxiliaire de vie (AVS) et une institutrice, ils partagent moments de cours particuliers et classe intégré avec des élèves du collège.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


04 juil

La canne de Jeanne


Ils sont retraités. Ils aiment la chanson française. C'est le grand jour de la représentation, devant un parterre de grand-pères et grand-mères, aggripés à leurs cannes. Reportage dans une maison de retraite à Viriat (Ain).

 

 

 

 

 

 


17 juin

Pierre : la vie à la baguette


 

Pierre pourrait être entouré d'infirmières dans une maison spécialisée, mais il a préféré rester chez lui. Il assume la vie quotidienne et les difficultés dues à son handicap avec une virtuosité sans égale. Chez lui, tout est adapté: téléphone, ordinateur, cuisine,etc.. Il dirige sa vie comme un chef d'orchestre privé de ses mains.

 

 

 

 


18 jan

Un toit à soi



Reportage sur les centres d'accueil d'urgence pour Sans Domicile Fixe, les CHRS, effectué pour le magazine du social "Interaction".




Voici un reportage qui laissera une trace dans ma carrière! Une fois n'est pas coutume, j'ai passé plus de temps dans les démarches pour ce dossier, qu'à faire mon boulot de photographe. Il m'a fallu trois soirées de contact, afin de me faire accepter par les SDF et d'obtenir leurs autorisations pour les photos. Cela m'a ainsi donné le temps de faire connaissance et d'établir des liens. D'où quelques surprises !

A commencer par le cas Hervé : « il y a trop de social en France » m'assène-t-il. Ebahi, je creuse le sujet. « C'est étonnant comme point de vue, pour quelqu'un qui profite des structures sociales françaises, non ? - Oui, mais moi c'est provisoire. Je me remets d'un problème familial, après je vais chercher du boulot. Mais regarde ces profiteurs : ils touchent le RMI sans rien foutre de la journée et claquent tout dans l'alcool. Alors qu'il y a des gens qui se cassent le cul à bosser comme des malades pour un SMIC. Une fois les dépenses du loyer et charges diverses, il ne leur reste rien pour leurs loisirs. »
il me paraît visiblement politisé, et j'apprends au fur et à mesure de son monologue qu'il est au Front National. Impossible d'échanger un point de vue, j'abandonne le bonhomme à sa délirante démonstration sur les méfaits de l'immigration. Un mois après notre première rencontre, il est toujours là, dans son coin, rien n'a changé.

La preuve des limites de cette thèse, je la trouve chez Camille, Julien et Johnny.
La cinquantaine au sourire jovial, un brin de fragilité dans le regard, Camille fait tout pour effacer sa présence. Il s'excuserait presque d'être là. Licencié depuis un an, ancien chef commercial, divorcé, cinq enfants, il essaie de remonter la pente, et de se remettre sur les rails. Le centre d'accueil lui permet de faire face à cette situation de crise, d'avoir un toit, de rester propre et de garder sa dignité, le temps de rebondir.
Johnny, le Jurassien de 21 ans vient d'être embauché au Mac-Do. Grâce à son projet d'insertion, il bénéficie d'une chambre individuelle le temps d'une convention signée avec Tremplin. Enfance difficile et violences familiales l'ont amené dans des familles d'accueil.
Julien, l'enfant de la Martinique, fait des petits boulots à droite à gauche quand il ne joue pas de sa guitare. Il me parle de Kundera, Aldous Huxley, Georges Orwel.

Certes, il y a ici les ivrognes invétérés avec qui il est difficile d'établir une connexion, qui relèvent plus de la psychologie que de la structure d'accueil d'urgence. Des gens totalement démontés, un vrai kit IKEA, sans le mode d'emploi, que l'on ne sait pas comment aider. Dans ce cas, il y a Laurent que je n'ai encore jamais vu a jeun, souvent agressif, parfois jovial (cf Un Noël ordinaire), un écorché vif.

L'alcoolisme est un problème considérable. Il touche presque tous les SDF du Centre. Si ce n'est pas l'alcool qui les a amenés dans la rue , c'est la rue qui les a amenés à l'alcool. J'assiste ainsi à des discussions surréalistes sur les prix du rosé, en vogue en ce moment , les bons plans du coin et la façon de faire rentrer du vin dans les "centres de désintox". On me demande même "un petit service", sans succès. Un bémol à ce constat : les jeunes semblent résister. Pourvu que leur situation de précarité ne se prolonge pas!




Retrouvailles entre Marc et Bouba. Copains de longue date, une étonnante relation faite de complicité et d'affection les unit. Une relation aigre-douce, un mélange de tendresse mutuelle et d'agressivité, dans les moments les plus alcoolisés.



A chaque fois que je retrouve Marc, il me parle de sa chienne. Rendue célèbre à Macon par le sauvetage d'une petite fille tombée à l'eau, elle est passée dans le journal. Il est malheureusement obligé de la confier à sa mère, car les chiens sont interdits au Centre.


La pièce fumeur du centre d'accueil de nuit "Tremplin" à Viriat : tout le monde fume ici. La nicotine et l'alcool sont les compagnons de la plupart des SDF.



Repas animé au centre d'accueil de nuit de Tremplin. L'humeur des repas change au gré des convives, de leur compatibilité de caractère et surtout du degré d'alcool.



Johnny, 21 ans, vient de trouver du travail au Mac-Do du coin. Grâce à son projet d'insertion, il bénéficie d'une chambre individuelle qui est sienne le temps d'une convention signée avec Tremplin.



Jérémy m'ouvre volontiers les portes de sa chambre au CHRS d'Oyonnax. Ce jour là il est soucieux. Il cherche à aider son frère, en difficulté avec la police.



Photographié au pied du lit, François se réveille doucement. Retraité, il fait "passer le temps" au centre d'accueil d'Oyonnax.



Impossible d'obtenir l'autorisation de faire des photos à visage découvert, au centre la Parenthèse. Et pour cause, les résidentes ici sont toutes victimes de violences conjugales et cherchent à fuir l'emprise d'un mari ou concubin. Le centre garantit ainsi la confidentialité du séjour. L'adresse du lieu est secret.



Centre d'accueil la Parenthèse : deux mandarines solitaires dans une kitchenette mise à la disposition des résidentes.